Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven
Le 15 août
 

Assomption de la Vierge Marie



Introduction 
historique et théologique


Le culte des martyrs et des confesseurs de la foi s'est très tôt greffé sur les coutumes ancestrales de la vénération des ancêtres et leur souvenir.

Celui de la Vierge Marie est né plus tardivement, en raison sans doute de la discrétion des évangiles à son sujet: son rôle semble terminé après qu'elle a mis au monde son fils, et mené à bien son éducation première; en effet, les Textes ne disent rien d'elle après la Pentecôte.
Pourtant, elle n'est pas absente de la piété chrétienne ancienne. La prière Sub tuum praesidium, Sous ta garde, ô Notre-Dame, est attestée dès le IIIème siècle.
Mais c'est le troisième concile œcuménique (Ephèse - 431) qui donna son impulsion à la dévotion mariale, en décrétant que Marie est vraiment Theotokos, Mère de Dieu. De nombreuses églises lui ont alors été dédiées, à commencer par celle de Sainte-Marie-Majeure, édifiée à Rome par le pape Sixte III (432-440).


L'origine de la fête de l'Assomption est plus obscure.

Non loin de Jérusalem, la légende désignait un lieu appelé Koinèsis, mot qui peut désigner l'action de s'étendre pour se reposer, et la mort.

Vers la fin du Vème siècle, le 15 août, on célébrait une fête dans la basilique édifiée à Gethsémani, qui était censée contenir le tombeau de la Vierge. Il s'agissait donc alors de la « Dormition » de la Mère de Dieu, et de son entrée dans la gloire. L'empereur Maurice (539-602) l'imposa à tout l'empire d'Orient.

A Rome on connaît, dès le VIème siècle, une fête mariale de caractère général, fixée au 1er janvier. Vers 660, la date du 15 août est adoptée. Sous le pontificat de Serge (687-702), d'origine syrienne, on parle de la
« Dormition ».

Quant au terme « Assomption », il apparaît vers 770. 

Le Saint-Siège s'est contenté de gérer l'expression liturgique de la piété mariale: le « Calendrier romain », en usage jusqu'au 1er janvier 1970, ne comptait pas moins de dix-neuf fêtes de la Vierge!
Avec la définition de l'Immaculée conception par Pie IX le 8 décembre 1854, et celle de l'Assomption par Pie XII le 1er novembre 1950, le Magistère romain s'est engagé de façon plus décisive.
Enfin le Missel de Paul VI (1969) a clairement intégré les fêtes de la Vierge - et singulièrment celle de l'Assomption - dans la dynamique du mystère du Salut, objet primordial de la foi chrétienne et de la liturgie.

Marie,
parfaite servante du Seigneur,
Mère de Dieu,
première des sauvés,
a été la première associée à la gloire de son Fils.




Messe de la veille au soir


Les Textes   


Première Lecture :  

• 1Ch 15,3-4;15-16; 16,1-2

Dans le cadre de la fête de l'Assomption, le transfert solennel de l'arche d'Alliance dans le Temple de Jérusalem évoque pour les catholiques l'intronisation au ciel de la Vierge Marie, l’ « arche » qui a porté le Verbe de Dieu. Celui qui préside cette liturgie et bénit le peuple, c'est le Seigneur lui-même, représenté par David.


Psaume :  

• Ps 132 (hébraïque) /131  (LXX et liturgique), 7-10;13-14.

Le Seigneur fait habiter dans son repos celle qui a été sa demeure.


Deuxième Lecture :  

• 1Co 15,54-57

Cette hymne à Dieu, vainqueur de la mort par Jésus Christ, est en cette fête de l'Assomption le chant d'action de grâce de l'Eglise qui célèbre l'entrée au ciel de la Vierge Marie.


Evangile :   

• Lc 11,27-28

Ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent ont part à la béatitude de la Mère de Jésus.



Messe du jour


Les Textes


Première Lecture :  

• Ap 11,19a; 12, 1-6a; 10ab

Deux images se superposent dans cette vision.
D'une part, celle de la Femme qui enfante, dans la crainte et la douleur, un nourrisson menacé par la puissance extraordinaire d'un terrible dragon. On songe à l'Eglise dont les fils ont sans cesse à redouter les assauts de l'Ennemi qui veut leur perte.
D'autre part, la Femme mère du berger qui préserve les siens de tout danger. On songe alors à Marie - sur qui le mal n'a eu aucune prise et qui mit au monde le Sauveur.

Mais les deux mystérieuses visions s'estompent pour laisser toute la place à la gloire de Dieu et de son Christ, vers qui monte une vibrante action de grâce.


Psaume :  

• Ps 45 (hébraïque) /44 (LXX et liturgique), 11-12;13b;15-16.

Psaume pour les noces d'un roi, que les traditions juive et chrétienne ont appliqué au Roi-Messie, époux d'Israël pour les Juifs et de l'Eglise pour les Chrétiens.
En la fête de l'Assomption, les catholiques l'appliquent à l'entrée de Marie dans le palais de son Seigneur.


Deuxième Lecture :  

• 1Co 15,20-27a

Chacun à son rang, tous revivront parce que le Christ, chef de l'humanité nouvelle, et ressuscité d'entre les morts, a ouvert la route de la vie qui ne finit pas. Ce qui est aujourd'hui objet de foi et d'espérance apparaîtra un jour en pleine lumière.


Evangile :   

• Lc 1,39-56

Rien d'anecdotique dans le récit de la rencontre entre Marie et sa cousine qui, pourtant, restèrent ensemble « environ trois mois ».
Pas de commentaire de l'évangéliste non plus.
La salutation adressée par Elisabeth à la mère du Seigneur, et le cantique qui monte du cœur de l'humble servante du Seigneur suffisent.
Toutes les générations proclament à l'envi Marie « bienheureuse »,
« bénie entre toutes les femmes »; on ne se lasse pas de lui demander de rester proche, et d'intercéder auprès de son Fils pour les pécheurs, en se souvenant de son amour.
L'Eglise peut reprendre à son compte le « Magnificat », en action de grâce pour les « merveilles » que l'Esprit Saint ne cesse d'accomplir en faveur de la race des croyants, à jamais.




Pour prolonger la méditation  


- De Saint Germain de Constantinople (?-733), évêque: Homélie I pour la Dormition de la Mère de Dieu

« Montée jusqu'à la gloire du ciel, avec son âme et son corps » (Collecte de la fête)

      Temple vivant de la divinité très sainte du Fils unique, Mère de Dieu, vraiment, je le redis avec action de grâces, ton assomption ne t'a nullement éloignée des chrétiens. Tu vis impérissable et pourtant tu ne demeures pas loin de ce monde périssable ; au contraire, tu es proche de ceux qui t'invoquent et ceux qui te cherchent avec foi te trouvent. Il convenait que ton esprit reste toujours fort et vivant et que ton corps soit immortel. En effet, comment la dissolution de la chair aurait-elle pu te réduire en cendre et en poussière, toi qui as délivré l'homme de la ruine de la mort par l'incarnation de ton Fils ?...
      Un enfant cherche et désire sa mère, et la mère aime vivre avec son enfant ; de même, puisque tu avais dans ton cœur un amour maternel pour ton Fils et pour ton Dieu, tu devais normalement pouvoir retourner auprès de lui, et Dieu, à cause de son amour filial envers toi devait très justement t'accorder de partager sa condition. Ainsi, morte aux choses qui finissent, tu as émigré vers les demeures impérissables de l'éternité où réside Dieu dont tu partages désormais la vie...
      Tu as été corporellement sa demeure ; et maintenant c'est lui qui, en retour, est devenu le lieu de ton repos. « Voici, disait-il, mon repos pour les siècles des siècles » (Ps 131,14). Ce lieu de repos, c'est la chair qu'il a revêtue après l'avoir prise de toi, Mère de Dieu, la chair dans laquelle, nous le croyons, il s'est montré dans le monde présent et se manifestera dans le monde futur lorsqu'il viendra juger les vivants et les morts. Puisque tu es la demeure de son éternel repos, il t'a retirée de la corruption et il t'a prise avec lui, voulant te garder en sa présence et son affection. Voilà pourquoi, tout ce que tu lui demandes il te l'accorde comme à une mère soucieuse de ses enfants ; et tout ce que tu souhaites, il l'accomplit avec sa divine puissance, lui qui est béni pour l'éternité.





Powered by Vistaprint. Hébergement de sites web pour petites entreprises.