29-30 mai 2009
Chavouot
Le
don de la Loi
La fête de Chavouot est la fête de la
Révélation, en laquelle fut donnée la Torah – la Loi, les dix Paroles ou le
dix Commandements.

C’est aussi
la fête des Prémices et
de la Moisson ; toutes les synagogues et les maisons sont décorées de
feuillages verdoyants, de fleurs, de fruits et de plantes.
Chavouot est l’une des trois fêtes de
pèlerinage.
Le mot signifie « semaines », car la fête tombe à la
fin de la période de l’Omère (cliquer
ici), durant laquelle on compte, jour après jour, sept
semaines à partir de la fête de Pessa’h (cliquer
ici).
La fête dure un jour en Israël, deux jours en diaspora. Sa date hébraïque
est le 6 Sivane, généralement au mois
de juin – en 2009 à la fin de mai.
La Révélation eut lieu dans le désert, sur le mont Sinaï. Les Hébreux, rassemblés en bas de la montagne, reçurent les
dix paroles – communément appelées les dix Commandements – qui constituent les
bases du Judaïsme.
Les Dix Paroles (Ex
20,1-17 ; Dt 5,6-21) furent
gravées par Dieu sur les Tables de la Loi que portait Moïse (Dt 5,22) :
את־הדברים האלה דבר יהוה אל־כל־קהלכם בהר
מתוך האש הענן והערפל קול
גדול ולא יסף ויכתבם על־שני לחת אבנים ויתנם אלי׃
Littéralement : את־הדברים – Les paroles ; האלה – celles-ci ;
דבר – prononça ; יהוה – YHWH l’Eternel ; אל – à ; כל – toute ;
קהלכם – votre assemblée ; בהר – sur la montagne ; מתוך – au milieu de ;
האש – le feu ; הענן – le nuage ; והערפל – et l’obscurité ; קול –
une voix ; גדול – grande ; ולא – et ne pas ; יסף – il ajouta ;
ויכתבם – et il les écrivit ; על – sur ; שני – deux ; לחת –
tablettes de ; אבנים – pierre ; ויתנם – et il les donna ; אלי –
à moi.
« L'Éternel prononça ces paroles
à toute votre assemblée, sur la montagne, du milieu du feu, de la nuée et de
l'obscurité, d'une voix forte, et il n'y ajouta rien; puis il les écrivit sur
deux tables de pierre, qu'il me donna. »
La tradition rapporte que, ce jour-là, les Hébreux reçurent toute la Torah
avec tous les commandements :
-
613 en tout,
-
365 négatifs,
-
248 positifs,
destinés à réglementer la vie de l’homme juif dans sa famille, sa société,
et tout son environnement.
A la synagogue, on lit les Dix
Paroles durant l’office du matin de la fête, et on ajoute la lecture du livre
de Ruth*, évocation champêtre du temps des moissons.
On a coutume, à cette fête de
consommer essentiellement des aliments lactés. Diverses raisons sont avancées
pour expliquer cette particularité :
- l’une est liée à la couleur blanche du lait, symbole de pureté ;

- une autre à la date de la fête, au début de l’été, où il est plus sain de
consommer des aliments légers ;
- ou encore le 6 Sivane, les Hébreux venaient de recevoir la Torah – ainsi que
toutes les recommandations d’abattage rituel et de séparation entre les
aliments carnés et les aliments lactés ; ils n’avaient donc pas de viande
apte à la consommation, ni d’ustensiles, et à cause de cela ils mangèrent donc des
aliments lactés, plus simples à préparer ;
- on dit aussi que le 6 Sivane est le jour où Moïse bébé fut sauvé du Nil
par la fille de pharaon, et qu’il n’accepta de boire que le lait d’une femme
juive.

La
tradition est de
passer toute
la nuit de Chavouot, jusqu’au petit matin, à étudier les textes de la Torah et
du Talmud, ou encore de la Kabbale.
L’étude est en effet l’un des
fondements voire le fondement du judaïsme.
Consacrer du temps à l’étude de la Torah et un des commandements les plus
importants de la vie juive.
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* Ce petit livre, l’un des cinq megillôt

(
« rouleaux » ; nom
donné à des livres bibliques assez courts,
lus dans les synagogues aux fêtes :
- Cantique des Cantiques à Pessa’h ;
- Ruth à Chavouot ;
- Lamentations à l’anniversaire
de la destruction du Temple, le 9 du mois de Av ;
- Qohélet à Soukkôt ;
- Esther à Pourim),
raconte l’histoire de Ruth, une Moabite, épouse d’un Israélite
et bientôt veuve, qui reste fidèlement avec sa belle-mère Noémi et s’attache au
peuple d’Israël. Conformément à la loi du lévirat (coutume – Dt 25,5-10 –
imposant au beau-frère – ou, à défaut, au plus proche parent du défunt – d’une veuve sans enfant d’épouser celle-ci pour lui
donner un enfant considéré comme postérité du défunt), elle devient l’épouse du
riche propriétaire Booz, parent de son mari. Elle est ainsi l’arrière-grand’mère
de David.
Ce récit date du temps d’Esdras.
Présentant sous un jour très favorable une
étrangère introduite dans la communauté d’Israël (et même dans la lignée royale
et messianique), il se situe en réaction contre une politique rigoureuse
excluant les mariages avec des femmes non israélites (Esd 10).