Textes tirés de l'Évangile selonsaint Jean
Saint Jean symbolisé par l'aigle
Plaque de reliure émaillée - XIIème siècle - (Musée de Cluny, Paris) ->
<- Mosaïque - Mausolée de Galla Placidia - Ravenne
Détail
de broderie (fils d'or et d'argent sur velours) pour ornement
liturgique - 1681 - Couvent patriarcal de Bzommar (Liban) ->
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4. Chapitres 15 à 19
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• Jn 15,1-8
Au cours de son dernier repas, Jésus rappelle l’importance de relier
notre vie à Dieu.
Une condition pour produire du fruit
qui « demeure » et « fait la gloire du Père » : rester
fermement attaché à Jésus, la « vraie vigne ».
« Demeurer » : ce verbe revient huit fois dans quatre (4-7) de ces
huit versets pour exprimer l’union entre le Père et le Fils, entre le Fils et
ses disciples appelés à entrer dans l’intimité du Père, du Fils et de l’Esprit.
La vraie Vigne.
Le mot français « vigne » est ambigu pour traduire le grec αμπελος
– qui désigne un seul pied, un cep, et non un vignoble. En Orient, les ceps ont généralement la taille d’un arbre – car ils sont traités comme tels: d’où l’expression
biblique « se reposer sous sa vigne et sous son figuier » - la vigne
et le figuier étant symboles de paix, de sécurité, de prospérité et de
fécondité : 1R 5,5 ; 2R 18,31 ; Ps 128,3 ; Am
9,13 ; Mi 4,3-4 ; Za 3,8-10 ; Za 8,12. La
vigne est aussi une image courante pour désigner Israël.Ce qui est ici mis en relief, c’est l’unité procurée par la sève (la Parole
de Dieu) qui circule dans le cep (Jésus) et dans les sarments (les fidèles).
Seul un plant de vigne bien taillé peut porter du fruit : ainsi en
est-il du croyant, travaillé par la Parole de Dieu qui élague : nous sommes
purifiés par la Parole.
« Donner du fruit », c’est notre mission de disciples. Nous sommes
appelés à stimuler le meilleur de nous-mêmes. Car Jésus le Vivant nous veut
vivants…
Demandez et vous recevrez.
« Vous demanderez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez »
(verset 7) - ο εαν θελητε αιτησεσθε και γενησεται υμιν (littéralement : ο – ce que ; εαν – si ;
θελητε – vous voulez ; αιτησεσθε – demandez ; και – aussi ; γενησεται
– deviendra ; υμιν – pour vous).
Si nous attendons de Dieu qu’il intervienne dans ce qui relève de la
responsabilité des hommes (la réussite à un examen non ou mal préparé, par
exemple), nous risquons fort de souffrir du silence divin…
Pourtant la prière de demande nous est spontanée, et elle est bonne pour nous.
Elle n’apprend pas à Dieu ce dont nous avons besoin – et il ne nous exaucera
pas forcément, pas forcément immédiatement, et pas forcément de la manière que nous
attendions. Mais elle nous invite à nous tenir debout devant lui, à puiser en
lui la force de prendre davantage notre part dans la lutte que nous devons tous
mener contre le mal et le malheur. Dieu n’est pas, ne peut pas être indifférent
à notre prière.
Il ne nous remplace pas dans nos responsabilités, mais il nous donne
l’Esprit pour supporter le mal inévitable, pour réagir contre ce mal…
• Commentaires patristiques sur cet Evangile:
Dans le passage de l'Évangile où notre Seigneur dit qu'il est la vigne et ses disciples les
sarments, il parle en tant que Tête de l'Église et nous ses membres (Ep
5,25), en tant que « le médiateur entre Dieu et les hommes » (lTm 2,5).
En effet, la vigne et les sarments sont de même nature ; voilà pourquoi celui
qui était Dieu, d'une autre nature que nous, s'est fait homme : afin qu'en lui
la nature humaine soit comme une vigne dont nous pourrions être les sarments... Il disait aux disciples : « Demeurez en
moi, comme moi en vous. » Ils n'étaient pas en lui de la même manière que lui
était en eux. Cette union réciproque ne lui procure aucun profit ; c'est pour
eux qu'elle est un avantage. Les sarments sont étroitement unis à la vigne mais
ne lui communiquent rien ; c'est d'elle qu'ils reçoivent le principe de leur
vie. La vigne, au contraire, est unie aux sarments pour leur communiquer sa
sève vivifiante, sans rien recevoir d'eux. C'est ainsi que le Christ demeure
dans ses disciples...
Si le Christ n'avait pas été un homme, il
n'aurait pas pu être la vigne ; cependant, s'il n'était pas également Dieu, il
ne fournirait pas cette grâce aux sarments. Parce qu'on ne peut pas vivre sans
cette grâce et parce que la mort est au pouvoir de notre libre arbitre, notre
Seigneur ajoute : « Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment
qu'on a jeté dehors et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on
les jette au feu, et ils brûlent. » (Jn 15,6) C'est pourquoi, si le bois
de la vigne n'a plus de valeur lorsqu'il ne demeure pas uni à la vigne, il est
d'autant plus glorieux quand il le demeure.
• D’Origène*, in Homélies sur
le Lévitique :
Il nous attend pour boire « du
fruit de cette vigne ». De quelle vigne ? De celle dont il était la
figure : « Je suis la vigne, vous les sarments ». D’où cette
autre parole : « Mon sang est vraiment une boisson, et ma chair
vraiment une nourriture ». Car vraiment « il a lavé sa robe dans le
sang de la grappe » (Gn 49,11). Qu’est-ce à dire ? Il attend l’allégresse.
Jusqu’à quand l’attend-il ? « Lorsque j’aurai achevé mon œuvre »,
dit-il (Jn 17,4). Quand achève-t-il cette œuvre ? Quand moi, qui
suis le dernier et le pire de tous les pécheurs, il m’aura achevé et rendu
parfait.
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• Jn 15,9-17
Suite de celui de dimanche dernier (voir ci-dessus), l’évangile d’aujourd’hui explicite et
développe les enseignements de l’allégorie de la vigne :
-
les relations de charité que l’union au Christ instaure
entre les disciples, leur fondement dans l’intimité du Fils avec le Père ;
-
la nouvelle condition de ceux que le Seigneur a choisis
pour être ses amis ;
-
l’efficacité de la prière fraternelle au nom de Jésus.
Quelques unes des plus belles phrases de Jésus, le soir de son dernier repas:
-
« Pour que ma joie soit en vous » :
un souhait extraordinaire ! La Joie de Dieu lui-même en nous !
« La rencontre des manifestations visibles de
l’amour de Dieu peut susciter en nous un sentient de joie, qui naît de l’expérience
d’être aimé. Mais cette rencontre requiert aussi notre volonté et notre
intelligence » (Benoît XVI, Deus
est caritas, 2005)
-
« Mon commandement, le voici : aimez-vous
les uns les autres, comme je vous ai aimés » : ultime message
de Jésus. Ou, dit autrement : « Demeurez dans mon amour ». C'est-à-dire :
laissons le Seigneur faire sa demeure en nous. Car Dieu nous a aimés le premier ;
à nous de répondre à cet amour. En nous aimant les uns les autres. En
apprenant, par notre appartenance à l’Eglise, par notre fréquentation de l’Eglise,
à aimer tous les autres, chrétiens et non chrétiens ; car c’est cela même,
aimer Dieu !
Il n’y a donc plus qu’un seul commandement, englobant tous les
autres : l’amour mutuel, qui nous rend semblables à Dieu, « comme »
lui, reliés par le même souffle d’amour, admis dans son intimité : « Je vous
appelle mes amis ». Mais peut-on commander l’amour ? Oui, car
Dieu ne nous prescrit pas un sentiment – que nous ne pourrions pas susciter en nous-mêmes ;
nous ne sommes plus dans l’ordre de l’émotionnel…
« C’est parce que Dieu nous a aimés le premier, et qu’il continue à nous aimer
le premier, que, en réponse, l’amour peut jaillir en nous » (Benoît
XVI).
Pour prolonger la
méditation :
- Quelques versets de saint Paul:
« L’accomplissement parfait de la Loi, c’est
l’amour » (Rm 13,10b)
« Toute la Loi atteint sa perfection dans un
seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
(Ga 5,14)
« Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez
la loi du Christ » (Ga 6,2)
« Par-dessus tout cela, qu’il y ait l’amour :
c’est lui qui fait l’unité dans la perfection » (Col 3,14)
- Des textes patristiques :
Alors que les Saintes Lettres sont toutes remplies
des préceptes du Seigneur, pourquoi dit-il de la charité comme d’un précepte
unique : « Mon commandement, c’est que vous vous aimiez les uns les
autres » ?
N’est-ce pas que tout commandement porte sur le seul
amour, et que tous les préceptes ne font qu’un, parce que tout ce qui est
commandé a son fondement dans la seule charité ?
De même en effet que les nombreux
rameaux d’un arbre procèdent d’une même racine, ainsi les nombreuses vertus
tirent leur origine de la seule charité. Et le rameau d’une bonne œuvre n’a pas
de verdeur s’il ne demeure sur la racine de la charité.
Les préceptes du Seigneur
sont donc multiples et un, multiples par la diversité des œuvres, un dans la
racine de l’amour.
Et comment il faut pratiquer cet amour, il l’insinue lui-même
lorsque dans maintes sentences de son Écriture il ordonne d’aimer les amis en
lui et les ennemis pour lui. Celui-là possède donc vraiment la charité qui aime
son ami en Dieu et son ennemi pour Dieu.
Il n'y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu'on aime:
J'écris à toutes les Églises, et je fais savoir à tous que je
mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez pas. Je vous
en supplie, épargnez-moi une bienveillance importune. Laissez-moi
devenir la pâture des bêtes ; elles m'aideront à atteindre Dieu. Je
suis son froment : moulu sous la dent des fauves, je deviendrai le pain
pur du Christ...
Que
me feraient les douceurs de ce monde et les empires de la terre ? Il
est plus beau de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu'aux
extrémités de l'univers. C'est lui que je cherche, qui est mort pour
nous ; c'est lui que je désire, lui qui a ressuscité pour nous. Mon
enfantement approche. De grâce, mes frères, ne m'empêchez pas de naître
à la vie... Laissez-moi embrasser la lumière toute pure. Quand j'y
aurai réussi, je serai vraiment homme. Acceptez que j'imite la Passion
de mon Dieu...
Mon désir terrestre a été crucifié, et il
n'y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive (Jn
4,10;7,38) qui murmure et chuchote à mon cœur :
« Viens auprès du Père
». Je ne peux plus savourer les nourritures périssables ou les douceurs
de cette vie. C'est du pain de Dieu que je suis affamé, de la chair de
Jésus Christ, fils de David ; et pour boisson, je veux son sang, qui
est l'amour incorruptible... Priez pour ma victoire.
- Un poème:
Ah ! ce n’est pas un jeu pour rire que d’aimer !
D’aimer un homme ou deux, non pas tous ceux du monde
Ou davantage. Un rêve a tôt fait d’enfermer
Plus de nuage humain qu’il n’en vogue à la ronde.
Non pas ces ennemis – les verras-tu jamais ? –
Qui de lointaines gens auront fait un carnage,
Mais ton frère, celui qui dérange la paix
De tous les jours au seuil de ton petit ménage.
Mais celui, le plus proche et le plus familier,
Dont constamment le dard entre et te mortifie
Au même endroit, comme la pointe d’un soulier
Qu’on ne peut plus ôter jusqu’au bout de la vie.
Marie Noël, L’œuvre poétique,
Paris, 1956.
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• Jn 15, 26-27; 16,12-15
En célébrant l’Eucharistie de la
Pentecôte, l’Eglise fait mémoire de la
mission de l’Esprit Saint, révélée par Jésus « à l’heure où il passait
de ce monde à son Père ».
Témoin du Christ glorifié auprès du Père,
le « Défenseur »
donne aux disciples
de comprendre toujours
mieux l’enseignement
du Seigneur,
transmis
par les Apôtres,
et gardé fidèlement
par l’Eglise.
Pour prolonger la
méditation
Les Apôtres étaient là, assis,
attendant la venue de l’Esprit.
Ils étaient là comme des flambeaux disposés et qui attendent d’être allumés
par l’Esprit Saint pour illuminer toute
la création par leur enseignement […]
Ils étaient là comme des cultivateurs portant leur semence dans leur manteau
et qui attendent le moment où ils recevront l’ordre de semer.
Ils étaient là comme des marins dont la barque est liée au port du Fils et
qui attendent d’avoir le vent doux de l’Esprit.
Ils étaient là comme des bergers qui viennent de recevoir leur houlette des
mains du Grand Pasteur de tout le bercail et qui attendent que leur soient répartis les troupeaux […]
Ô Cénacle où fut jeté le levain
qui fit lever l’univers entier !
Cénacle, mère de toutes les Églises!
Sein admirable qui mit au monde des temples pour la prière !
Cénacle qui vit le miracle du buisson *
!
Cénacle qui étonna Jérusalem par un prodige bien plus grand que celui de la
fournaise qui étonna les habitants de Babylone ! Le feu de la fournaise brûlait
ceux qui étaient autour, mais protégeait ceux qui étaient au milieu de lui. Le
feu du Cénacle rassemble ceux du dehors
qui désirent le voir, tandis qu’il réconforte
ceux qui le reçoivent !
Ô
feu dont la venue est Parole, dont le silence est lumière ! Feu qui
établis les cœurs dans l’action de grâce !
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* Dans le « buisson ardent », Dieu était présent et le feu ne
consumait pas le buisson.
Au Cénacle, l’Esprit était présent sous la forme d’ « une
sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux »,
mais ne les brûla pas.
- De Saint Bruno de Segni (vers 1045-1123), évêque, Commentaire de l'Exode, ch. 15:
De la Pentecôte juive à la Pentecôte chrétienne*
Le mont Sinaï est le symbole du mont Sion... Remarquez à quel
point les deux alliances se font écho l'une à l'autre, avec quelle
harmonie la fête de la Pentecôte est célébrée par chacune d'elles...
Sur la montagne de Sion, comme sur la montagne du Sinaï, le Seigneur
est descendu, le même jour et de manière très semblable...
Luc
a écrit : « Soudain il vint du ciel un bruit pareil à un violent coup
de vent. Les apôtres virent apparaître comme une sorte de feu qui se
partageait en langues et se posa sur chacun d'eux » (Ac 2,2-3)... Oui,
ici et là, un bruit violent se fait entendre, un feu se fait voir. Mais
au Sinaï c'était une épaisse nuée, sur le mont Sion la splendeur d'une
lumière très brillante. Dans le premier cas il s'agissait « de l'ombre
et de la
figure » (Hb 8,5), dans le deuxième de la réalité véritable.
Autrefois on entendait le tonnerre, maintenant on discerne les voix des
apôtres. D'un côté, l'éclat des éclairs ; de l'autre des prodiges
éclatent en tous lieux...
«Tous sortirent du camp à la
rencontre de Dieu, au pied de la montagne» (Ex 19,17). On lit dans les
Actes des Apôtres : « Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se
rassemblèrent en foule »... De tout Jérusalem, le peuple se rassembla
au pied de la montagne de Sion, c'est-à-dire au lieu où Sion, figure de
la sainte Église, commençait à s'édifier, à poser ses fondations...
«
La montagne était toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans
le feu », dit l'Exode (v.18)... Pouvaient-ils ne pas brûler, ceux
qu'avait embrasés le grand feu du Saint Esprit ? Comme la fumée signale
la présence du feu, ainsi par l'assurance de leurs discours et par la
diversité des langues, le feu du Saint Esprit manifestait sa présence
dans le coeur des apôtres. Heureux les coeurs remplis de ce feu !
Heureux les hommes brûlant de cette ardeur ! « La montagne tremblait
violemment. Le son de la trompette était de plus en plus strident »
(v.19)... De même la voix des apôtres et leur prédication devinrent de
plus en plus fortes ; elles se firent entendre de plus en plus loin
jusqu'à ce que « leur message s'étende à toute la terre et leurs voix
jusqu'aux extrémités du monde » (Ps 18,5).
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• Jn 17,11b-19
La grande prière, dite « sacerdotale », faite
par Jésus « à l’heure où il passait de ce monde à son Père » (Jn
13,1), est déjà celle du Ressuscité assis à la droite de Dieu.
Dans le sanctuaire d’en haut, il intercède pour ceux qu’il
a envoyés dans le monde comme lui-même l’a été par le Père.
Il demande que
Dieu les garde
-
fidèles à la Parole,
-
unis,
-
forts devant les épreuves et les déceptions de
la vie,
-
joyeux dans la souffrance,
-
enracinés dans l’espérance.
Cette prière de Jésus ne peut qu’être exaucée ; mais
elle requiert de notre part autre chose qu’un « Amen ! »
dit du bout des lèvres, ou l’élan d’une ferveur passagère : l’attachement
de toute notre vie au Seigneur.
•
Pour prolonger la méditation :
Quelques versets
- de saint Paul :
« Dieu est fidèle, lui qui nous a appelés à vivre en
communion avec son Fils Jésus Christ notre Seigneur. » (1Co
1,9)
« Toutes les promesses de Dieu ont leur Oui dans sa
personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons Amen, notre Oui, pour la
gloire de Dieu. » (2Co 1,20)
« Que le Seigneur vous conduise à l’amour de Dieu et à
la persévérance pour attendre le Christ. » (2Th 3,3)
- de saint Jean :
« Que la grâce et la paix vous soient données, de la
part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part de Jésus Christ, le
témoin fidèle. » (Ap 1,4 ;5)
Commentaire :
De GUERRIC d’IGNY, Sermon pour
l’Ascension,2 :
Heureux disciples, qui ont pour juge leur avocat en personne, et pour intercesseur
celui qu’on doit adorer au même titre que le Père auquel Jésus adresse sa
prière ! Ce Père avec qui le Christ n’a qu’une seule volonté et une seule
puissance, « car Dieu est unique »*. Toute prière du Christ doit
nécessairement s’accomplir, car sa parole
est puissance, et sa volonté efficacité… Quelle sécurité pour ceux qui
ont la foi ! Car cette sécurité ne fut pas seulement offerte aux Apôtres, mais
à tous ceux qui, par leur parole, croiraient au Verbe de Dieu.
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* Mc 12,32
Extrait de sermon :
De BOSSUET, Oraison funèbre
d’Anne de Gonzague de Clèves, Princesse Palatine :
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Ne
demandez plus ce qui a uni en Jésus Christ le ciel et la terre, et la croix
avec les grandeurs : « Dieu a tant aimé le monde ». Est-il
incroyable que Dieu aime, et que la bonté se communique ? Que ne fait pas
entreprendre aux âmes courageuses l’amour de la gloire ; aux âmes les plus
vulgaires l’amour des richesses ; à tous, enfin, tout ce qui porte le nom
d’amour ! Rien ne coûte, ni périls, ni travaux, ni peines ; et voilà
les prodiges dont l’homme est capable. Que si l’homme, qui n’est que faiblesse,
tente l’impossible, Dieu, pour contenter son amour, n’exécutera-t-il rien d’extraordinaire ?
Commentaire moderne :
Du Cardinal John Henry NEWMAN (1801-1890), prêtre, fondateur de
communauté religieuse, théologien, Rising
with Christ :
« Ils ne sont
pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde »
Commencez
dès maintenant, en ce saint temps de Pâques, votre résurrection avec le Christ.
Voyez comme il vous tend la main ! Il ressuscite ; ressuscitez avec lui !
Sortez du tombeau du vieil Adam, abandonnez vos préoccupations, les jalousies,
les soucis, les ambitions du monde, l'esclavage de l'habitude, le tumulte des
passions, les fascinations de la chair, l'esprit froid, terre à terre et
calculateur, la légèreté, l'égoïsme, la mollesse, la vanité et les manies de
grandeur. Efforcez-vous désormais de faire ce qui vous paraît difficile, mais
qui ne devrait pas, ne doit pas être négligé : veillez, priez et méditez...
Montrez que votre cœur, vos aspirations et
toute votre vie sont avec votre Dieu. Réservez chaque jour un peu de temps pour
aller à sa rencontre... Je ne vous demande pas de quitter le monde, ni
d'abandonner vos devoirs sur cette terre, mais de reprendre possession de votre
temps. Ne consacrez pas des heures entières aux loisirs ou à la vie en société,
alors que vous ne consacrez que quelques instants au Christ. Ne priez pas
uniquement quand vous êtes fatigués et au bord du sommeil ; n'oubliez pas
complètement de le louer ou d'intercéder pour le monde et pour l'Église.
Conduisez-vous selon les paroles des Saintes Écritures : « Recherchez les
réalités d'en-haut ». Montrez votre appartenance au Christ, car votre cœur «
est ressuscité avec lui » et « votre vie est cachée en lui » (Col 3,1-3).
Le texte d’un chant :
De la CFC, La nuit, le jour – Hymnes et tropaires :
Entré dans la gloire,
Jésus nous trace le chemin
Et nous conduit vers le matin
De sa victoire.
Mais l’amour seul est sa puissance
Mystère
Découvert
Aux yeux de l’espérance.
Vêtu de lumière,
Il transfigure pour toujours
Le fils prodigue de retour
Auprès du Père.
Ouverte est la porte,
En sa demeure il nous reçoit,
Dans son offrande, vers la joie,
Ses mains nous portent.
Soleil de justice,
Il fait mûrir tout l’univers,
Et son Esprit, dans nos déserts,
Est source vive.
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• Jn 18,33b-37
Oui, Jésus est "roi". Mais, contrairement aux puissants de ce monde, il ne s'impose pas, et n'impose rien.
Il
est venu pour tracer, par son enseignement, son exemple, sa vie et sa
mort, la route de la Vérité qui conduit à la Vie. Il invite chacun à
s'y engager librement.
Méditation 1
Prière d’introduction:
Seigneur Jésus, je
crois que tu es la vérité même.
Je crois que tu es le fondement de tous
les jugements moraux.
Je sais que tu me donnes la lumière nécessaire
pour voir les besoins des autres.
Je t’aime, Seigneur, et je te le
montre maintenant par mon désir de prier. Bénis mon désir et transforme-le en un don vivant de moi-même.
Demande:
Que je fasse de ta vérité ma vie, Seigneur !
Points de réflexion:
1. Poser mes propres questions.
Chaque jour nous formons des jugements - des "pré-jugés" - innombrables. Souvent ils se
fondent davantage sur ce que d’autres nous ont dit que sur ce que nous
savons. Souvent les media, les politiques, les "penseurs" et même nos amis nous
disent ce qu’il faut penser: ils "pensent à notre place"...
Le jugement de Pilate était fondé sur ce que les autres avaient dit. Il interrogeait Jésus
comme un fonctionnaire et non comme quel qu’un qui cherchait
sincèrement la vérité. Jésus a senti cette faiblesse et il l’a fait ressortir: "Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d’autres te
l’ont dit ?"
L’excuse de Pilate était que, n’étant pas juif, il ne
pouvait pas connaître la vérité.
Un jour je serai jugé sur la façon
dont j’ai jugé : à quel point j’ai été juste, sincère et vraiment
concerné par le bien des autres. Comment est-ce que je traite ceux que
je rencontre ?
2. Jésus se tient au-dessus de ce monde.
Les pensées de Pilate et les accusations du Sanhédrin contre Jésus
viennent du monde. C’est un monde où les gens, une fois accusés, sont
déjà jugés. C’est un monde où certains jugements demeurent cachés mais
assassinent la personne par des actions et des omissions. C’est un
monde où ce que les autres pensent l’emporte.
Jésus ne se préoccupe pas
du respect humain. Le respect humain ne peut même pas commencer à le
juger. Il répond à Dieu seul, tout comme il vit seulement pour plaire à
son Père.
Est-ce que j’appartiens au monde ? Quel pouvoir le monde
a-t-il sur moi ? Comment les jugements des autres
influencent-ils mon comportement ?
3. Appartenir au royaume de la vérité.
Ce qui est relatif ne peut jamais juger ce qui est absolu. Seul un
jugement qui vient de ce qui est absolu peut déterminer des valeurs
réelles pour tous. Avant d’être élu pape, Benoît XVI a dénoncé
l’imposition des valeurs personnelles subjectives par le monde en les
désignant comme "une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien
comme définitif et qui ne retient comme ultime mesure que son propre
ego et ses désirs." (Cardinal Joseph Ratzinger, homélie du 18 avril
2005).
Dans la même homélie il a juxtaposé cette "vérité" relativiste à
l’amitié avec le Christ. La vraie amitié avec le Christ est notre
guide, et elle exige que nous lui soumettions tous les autres guides :
notre moi, nos propres sentiments et nos désirs égoïstes. "C’est cette
amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et nous donne le critère
pour discerner entre le vrai et le faux, entre l’imposture et la vérité" dit encore Benoît XVI. Sans cette ancre, ce Roi, notre nature faible
et déchue peut dériver à la traîne de n'importe quelle idéologie ou nouvelle école de pensée
populaire.
Pilate suivait ainsi " les vagues de la mode " de la pensée
et des tendances populaires de son temps. Ni Pilate ni le monde ne peut
juger Jésus. Et lui seul peut nous juger.
Dieu peut nous juger et il
nous jugera en fonction de notre vie: avons-nous vécu dans son royaume de vérités
éternelles?
Dans quel royaume est-ce que je choisis de vivre ?
Dialogue avec le Christ:
Seigneur Jésus, tu es mon Roi et ton royaume est vérité.
Forme mon
intelligence à te connaître.
Forme mon cœur à juger les
autres par rapport à ton amour.
Libère-moi des déceptions de
l’orgueil, du respect humain et du narcissisme.
Que seul ton amour
règne dans mon coeur !
Résolution:
Cette semaine
je rejetterai tout jugement sur un autre, surtout fondé sur la
rumeur.
Je le remplacerai par une prière pour cette personne, en lui donnant le bénéfice du doute et en la confiant à l’amour du Roi.
Méditation 2
Réflexion:
1. Mon royaume n’est pas de ce monde.
Non, son royaume est bien loin de ce monde de guerre, de haine,
d’égoïsme qui nous entoure bien souvent. Son Royaume aura lieu avec la
consommation de l’histoire et la conflagration universelle, par
laquelle Dieu constituera, dans ses desseins mystérieux et par sa
puissance infinie, des cieux nouveaux et une terre nouvelle pour qu’y
habite la justice. Le Christ roi et juge, dans son jugement, ne fera
que reconnaître et accepter le bon et le mauvais usage que nous aurons
fait de notre liberté, par laquelle on se sera soumis amoureusement à
son royaume ou par laquelle on se sera rebellé contre lui pour nous
mettre au service d’un autre roi. Dans le royaume de Dieu, nous
n’aurons plus à nous soucier du manger ou du boire, comme en ce monde,
puisque ce sera un royaume de vérité et de grâce, de justice, d’amour
et de paix.
2. Le monde du Christ, c’est l’amour.
Il nous faut donc réaliser des œuvres de miséricorde, tant corporelles
que spirituelles, car le Roi-juge nous jugera en fonction de notre
amour du prochain motivé par notre amour de Dieu.
Au soir de notre vie
nous serons jugés sur l’amour, disait Saint-Jean de la Croix. Oui,
parce que le Royaume c’est l’amour. La loi du Royaume, la sève du
Royaume, l’essence du Royaume c’est l’amour. Aime et fais ce que tu
veux martelait Augustin ! Oui, le Royaume du Christ n’est pas de ce
monde, où l’amour peut être présent, mais pas établi comme norme suprême de
l’agir humain.
3. Attention au subjectivisme de l’amour !
Bien sûr nous devons personnaliser notre amour, l’incarner dans notre
propre subjectivité, mais c’est l’amour objectif du Christ que nous
devons personnaliser et incarner, telle qu’il se présente dans les
Evangiles, dans le témoignage que Jésus nous en donne au moment de la Passion,
dans les commandements qui le concrétisent et dans le Notre Père qui
l’exprime dans sa dimension de reconnaissance et de louange. Rien de
pire que de troquer le vrai amour par un amour émotionnel et vide, qui
n’est pas du monde du Christ, mais de « ce monde ».
Dialogue avec le Christ:
Seigneur, apprends-moi à aimer, à grandir dans l’amour,
à pénétrer davantage dans la vérité de l’amour.
Aide-moi par ton Esprit
d’amour à reconnaître l’amour des autres pour moi, et surtout
l’immense amour que tu as, ainsi que le Père, pour moi.
Apprends-moi à
aimer, oh, Toi, qui pour l’amour de mon amour as daigné mourir !
Résolution:
Je tâcherai au long de cette semaine d’aimer
véritablement mes prochains en pensant toujours à ce qui leur fera
plaisir avant de penser à ce qui me ferait plaisir.
Pour prolonger la méditation
- Versets du Premier Testament :
- 2S 7,12;16:
« [Nathan dit à David: Le Seigneur te fera lui-même une maison].
Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères,
j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes
entrailles, et j'affermirai son règne. Ta maison et ton règne seront
pour toujours assurés, ton trône sera pour toujours affermi. »
- Ps 89/88,2-5:
« Je chanterai toujours les bontés de l'Éternel; Ma bouche fera
connaître à jamais ta fidélité. Car je dis: La bonté a des fondements
éternels; Tu établis ta fidélité dans les cieux. J'ai fait alliance
avec mon élu; Voici ce que j'ai juré à David, mon serviteur:
J'affermirai ta postérité pour toujours, Et j'établirai ton trône à
perpétuité. »
- Versets du Nouveau Testament :
- Jn 1,49: « Nathanaël répondit [à Jésus] et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »
- Jn 3,14-15
: « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que
le Fils de l'homme soit élevé, Afin que quiconque croit en lui ait la
vie éternelle. »
- Commentaire patristique :
Le règne du péché est inconciliable avec le règne de Dieu. Si
donc nous voulons que Dieu règne sur nous, que « jamais le péché ne
règne dans notre corps mortel ». Mais « faisons mourir en nous ce qui
appartient encore à la terre », portons les fruits de l'Esprit. Ainsi,
comme dans un paradis spirituel, le Seigneur se promènera en nous,
régnant seul sur nous, avec son Christ. Celui-ci « trônera » en nous, «
à la droite de la puissance spirituelle », que nous désirons recevoir,
jusqu'à ce que tous ses ennemis qui sont en nous « deviennent
l'escabeau de ses pieds », et que soit chassée loin de nous toute «
principauté, puissance et souveraineté ».
Tout
cela peut arriver en chacun de nous jusqu'à ce que « soit détruit le
dernier ennemi, la mort », et que le Christ dise en nous : « Mort, où
est ton dard venimeux ? Enfer, où est ta victoire ? » Dès maintenant
donc,
« que ce qui est périssable en nous » devienne saint et «
impérissable ; que ce qui est mortel [...] revête l'immortalité » du Père.
Ainsi Dieu régnera sur nous et nous serons déjà dans le bonheur de la
nouvelle naissance et de la résurrection.
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Références bibliques : Rm 6,12; Col 3,5; Gn 3,8; Mt 26,64; Ps 110,1; 1Co 15,24;26;55;53.
- D'un théologien ancien :
Là où il est dit: «
Dieu, donne au roi ton jugement »,
parce que Salomon est devenu roi, vous soutenez que c'est de lui qu'a
été dit le psaume, alors que les paroles du Psaume très clairement vous
crient qu'il fut dit du roi éternel, c'est-à-dire du Christ. Car le
Christ nous a été annoncé comme roi, prêtre, Dieu, Seigneur, ange,
homme, chef suprême, pierre, petit enfant par sa naissance, comme un
être de douleur d'abord, puis montant au ciel, revenant dans la gloire
avec la royauté éternelle, comme je le prouve d'après toutes les
Ecritures.
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Référence biblique : Ps 72/71,1b.
- D'un théologien moderne :
- Karl Rahner, Homélies bibliques (1967):
Jésus
est roi précisément du fait qu'il est venu pour rendre témoignage à la
vérité. Qu'est-ce que la vérité qui est ici désignée? [...] C'est ce
qui est un, ce qui est complètement achevé, ce qui est fidèle et sûr,
ce qui vient de Dieu, ce qu'il doit dévoiler, [...] ce qui n'existe que
si Dieu le révèle. [...] C'est de cette vérité, de cette activité
divine et et de cette réalité de révélation qu'il est ici question. Et
Jésus dit: "Parce que je rends témoignage à cette vérité, jesuis le roi
du monde". Mais pour comprendre cette parole, il nous faut nous
rappeler que Jésus a conscience d'être personnellement cette vérité
venue dans le monde. parce qu'il est là, parce que le Fils est là avec
sa pureté, parce que son innocence est apparue, parce que son amour
s'est révélé jusqu'à la Croix, par le fait même, la vérité de Dieu est
là et se manifeste.
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C'est à toi donc maintenant que s'adresse ma parole,
à toi, qui que tu sois,
qui renonces à ta volonté propre
et prends les fortes et nobles armes de l'obéissance,
pour combattre sous l'étendard du
Seigneur Christ, notre véritable Roi.
Règle de Saint Benoît (Prologue).
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▪ Jn 19,31-37
La référence
explicite au « grand jour de la Pâque » et à l’Agneau pascal dévoile
la véritable signification de la crucifixion de Jésus vers qui il faut « lever
les yeux pour être sauvé » (Voir « Le Christ élevé », en Jn 3, 14- 21, en cliquant ici).
Dans l’eau et le sang qui ont coulé du côté du Christ en croix, la tradition chrétienne a vu une évocation du Baptême et de l’Eucharistie,
sacrements pascals.
Enfin, le lendemain
du Sabbat, le dimanche, est devenu « le
premier jour de la semaine » chrétienne (Jn 20,1), celui de la
célébration hebdomadaire de la Pâque du Christ et de l’Eucharistie.
Pour prolonger la méditation
- Versets du Premier Testament :
- Ps 33,21 : « Le Seigneur veille sur chacun de ses os; pas
un ne sera brisé ».
- Za 12,10 : « En ce jour-là, je répandrai sur la
maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en
eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont
transpercé ».
- Za 13,1 : « En ce jour-là,
il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem :
elle les lavera de leur péché et de leur souillure ».
- Versets du Nouveau Testament :
- Jn 7,37-38: «
Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et
qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Ecriture : Des
fleuves d’eau vive jailliront de son cœur ».
- Jn 12,32: « Quand j’aurai
été élevé de terre, j’attirerai vers moi tous les hommes ».
- Commentaire attribué à Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église - Méditations sur la Passion du Seigneur:
Approchons-nous du cœur du très doux Seigneur Jésus, et nous
exulterons, nous nous réjouirons en lui. Qu'il est bon et doux
d'habiter en ce cœur! C'est le trésor caché, la perle précieuse que
nous trouvons, ô Jésus, en creusant le champ de ton corps (cf. Mt
13,44sqq). Qui donc rejetterait cette perle ? Bien au contraire, pour
elle je donnerai tous mes biens ; je laisserai en échange toutes mes
préoccupations, toutes mes affections. Tous mes soucis, je les
abandonnerai dans le cœur de Jésus : lui me suffira et pourvoira sans
faute à ma subsistance.
C'est dans ce temple, ce Saint des saints, cette arche
d'alliance, que je viendrai adorer et louer le nom du Seigneur. « J'ai
trouvé mon cœur, disait David, pour prier mon Dieu. » (1Ch 17,25 Vulgate)
Et moi aussi j'ai trouvé le cœur de mon Seigneur et Roi, de mon frère
et ami. Ne prierai-je donc pas ? Oui, je prierai, car je le dis
hardiment, son cœur est à moi...
Ô Jésus, daigne accepter et exaucer ma prière. Entraîne-moi tout
entier en ton coeur. Bien que la déformation de mes péchés m'empêche
d'y entrer, cependant, puisque par un amour incompréhensible ce coeur
s'est dilaté et élargi, tu peux me recevoir et me purifier de mon
impureté. Ô Jésus très pur, lave-moi de mes iniquités afin que, purifié
par toi, je puisse habiter en ton coeur tous les jours de ma vie, pour
voir et faire ta volonté. Si ton côté a été percé, c'est pour que
l'entrée nous soit grande ouverte. Si ton coeur a été blessé, c'est
pour que, à l'abri des agitations extérieures, nous puissions habiter
en lui. Et c'est aussi pour que, dans la blessure visible, nous voyions
l'invisible blessure de l'amour.
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