Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven
Textes tirés du
Nouveau Testament

Les Evangiles



Evangile selon
saint Jean


Illustration: Saint Jean symbolisé par l'aigle

Les Pères de l'Eglise ont rattaché chacun des quatre évangélistes à l'un des "quatre Vivants" de l'Apocalypse entourant le Christ en gloire;saint Jean est représenté par l'aigle, en raison de l'élévation spirituelle avec laquelle il présente la divinité du Verbe; selon saint Jérôme, "son Evangile est celui qui vole le plus haut", comme l'aigle était considéré comme l'oiseau volant le plus haut.

Plaque de reliure émaillée, XIIème siècle - Musée de Cluny, Paris


5. Chapitres 20 et 21


Jn 20, 19-31

Le chapitre 20 de l’Evangile selon saint Jean s’achève avec le récit de deux apparitions du Ressuscité - deux apparitions qui ont lieu à une semaine d’intervalle, le dimanche, comme la vision inaugurale de l’Apocalypse (également écrite par saint Jean) et qui sont comme les deux panneaux d’un diptyque.
Sur chacun d’eux, le Seigneur occupe le centre.
Mais dans l’un il s’adresse à l’ensemble des disciples qui l’entourent ; dans l’autre, qui évoque une apparition « huit jours plus tard », s’avance Thomas, absent lors de la première manifestation du Seigneur.
Le parallélisme des deux compositions et les précisions qui caractérisent chacune d’elles font ressortir leur enseignement complémentaire.

« Le soir du premier jour de la semaine après la mort de Jésus », c’est le message pascal que le Seigneur lui-même annonce aux disciples « remplis de joie » : le Vivant venu au milieu des siens est bien celui qui a été crucifié et mis au tombeau, rien désormais ne peut l’empêcher de les rejoindre, il leur apporte la paix et leur donne l’Esprit Saint, il les envoie témoigner de sa résurrection et libérer tout homme des liens du péché.
Cette identité du Crucifié et du Ressuscité, cœur de la foi chrétienne, a été constatée par les Apôtres.

« Huit jours plus tard », il s’agit plus directement de ceux qui, « sans avoir vu », croiront en accueillant le témoignage des Apôtres et des disciples des générations successives.
La foi de l’Eglise repose sur leur témoignage unanime, renforcé par l’expérience singulière de Thomas, en quelque sorte à la charnière entre deux générations de croyants : solidaire des premiers témoins de la résurrection, il a dû s’approprier le témoignage des autres. Sa démarche n’en fait pas le patron de ceux qui attendent de voir pour croire.Elle rappelle, comme ne cesse de le dire saint Jean, que la foi est au-delà des témoignages qui l’accréditent. Elle exige et implique une reconnaissance personnelle de Celui à qui l’on dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
« Cesse d’être incrédule, sois croyant ! » : cette parole du Seigneur – exhortation pressante plus que reproche – s’adresse dès lors à chacun de nous.
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » : ce sont les derniers mots que Jésus adresse, dans l’Evangile, à tous ceux qui reconnaissent en Lui « le Messie, le Fils de Dieu », reçoivent de Lui le pardon des péchés et l’effusion de l’Esprit, avec la mission de porter « l’Evangile », « la Bonne Nouvelle » de sa Résurrection !

La proclamation de cet évangile le deuxième dimanche de Pâques de chaque année s’imposait, puisqu’il relate une apparition du Ressuscité que l’évangéliste lui-même situe au jour octave de la résurrection du Seigneur.
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