Le Triduum Pascal
Jeudi Saint –1. La Messe Chrismale
La Messe Chrismale, que l’évêque
concélèbre avec des prêtres des diverses régions de son diocèse, et au cours de
laquelle il consacre le saint chrême*
et bénit les autres huiles, doit être tenue pour l’une des principales manifestations
de la plénitude du sacerdoce de l’évêque
et le signe de l’union étroite des
prêtres avec lui. C’est pourquoi tous les prêtres du diocèse peuvent se
considérer comme invités à cette célébration. S’ils ne peuvent concélébrer, ils
communient sous les deux espèces.
La
Messe Chrismale a normalement lieu le Jeudi Saint au matin ; les
fidèles qui communient à cette messe peuvent alors – par exception – de nouveau
communier à la messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur ; les
prêtres concélébrants peuvent de même célébrer ou concélébrer cette messe du
soir.
Mais, si ce jour-là on ne peut que difficilement réunir le
clergé et le peuple autour de l’évêque, il est permis d’anticiper cette
célébration à un autre jour, pourvu qu’il soit proche de Pâques.
(Même dans ce cas, on emploie toujours les Textes de la Messe
Chrismale)
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* Des racines grecques χρισμ- / χριστ-, qui
désignent l’oing, l’onction ; ainsi, le « Christ », χριστος(traduction littérale de l’hébreu "Messie" משיח) est-il « l’oint »
de Dieu.
Huile consacrée et parfumée (mélange d’huile d’olive et de baume), qui
symbolise la présence de l’Esprit Saint et la joie ; elle est employée
pour les onctions dans les sacrements de baptême, de confirmation, et de
l’ordre – mais aussi pour la dédicace des églises et la consécration des objets
de culte ; et, dans les royaumes chrétiens, pour le sacre des rois.
Jeudi Saint - 2. La Cène* du Seigneur
La Cène du Seigneur, le soir du Jeudi Saint, est la première
célébration du Triduum Pascal.
Introduction historique :
• Selon la tradition la plus ancienne, attestée par saint Paul
(1Co 11,23), c’est εν τη νυκτι η παρεδιδοτο « la nuit même où il
était livré » que le Seigneur Jésus, ayant pris du pain et une coupe de
vin, dit : τουτο μου εστιν το σωμα « Ceci est mon Corps », τουτο
[…] εστιν εν τω εμω αιματι « Ceci est […] mon Sang », τουτο
ποιειτε […] εις την εμην αναμνησιν « Faites cela en mémoire de moi ».
Voilà pourquoi, chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons à
cette coupe, nous proclamons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. (Photo ci-contre, la chapelle du « Cénacle », la « chambre haute » où aurait été célébrée la Cène, et où les disciples se seraient réfugiés avant la Pentecôte).
La Cène du Seigneur a
donc été célébrée dans les communautés chrétiennes dès les origines, ainsi
que l’atteste de son côté le Livre des Actes des Apôtres (Ac 2,42).
(Photo ci-contre, la Cène - Andrea del Castagno, Museo Sant'Apollonia - Florence)
• Mais la célébration de la Cène du Seigneur – qui comportait toujours le
récit de ce que Jésus a fait et dit « au moment d’être livré et d’entrer
librement dans sa passion », suivi du partage du pain et de la coupe,
Corps et Sang du Christ (2Co 11,27-28) – a évolué au cours des siècles.
Une grande initiative a d’abord été laissée à celui qui présidait l’assemblée
liturgique (la « synaxe »). Mais cela n’a pas duré longtemps :
il a fallu très tôt codifier la
manière de le faire. En effet,
-
puiser sans cesse dans son propre fonds est à la portée
de bien peu, la plupart ayant besoin d’un support pour « improviser » ;
des formulaires dont la qualité était remarquée se sont alors répandus et ont
servi de référence ;
- d’autre part,
surtout en périodes de controverse, il fallait veiller à l’orthodoxie des
textes liturgiques.
Telles sont donc les origines des « Prières
Eucharistiques », ou « Anaphores » (= « Oblations »).
Dans l’Eglise latine, on en vint,
dès le IVème siècle, à un modèle qui
s’imposa à l’exclusion de tout autre, le
« Canon romain », jusqu’à la reconnaissance de plusieurs « Prières Eucharistiques »,
insérées dans le Missel romain après Vatican
II : on a ainsi retrouvé une certaine flexibilité, permettant de s’adapter
aux diverses assemblées.
Mais aujourd’hui comme hier, en
Orient et en Occident, c’est toujours la même Eucharistie qu’on célèbre « en
mémoire du Seigneur », en réitérant, comme il l’a demandé, ce qu’il a fait
« la veille de sa Passion ».
Introduction théologique et liturgique:
La célébration de « la
Cène », le Jeudi Saint, n’est pas différente de l’Eucharistie des
autres jours de l’année – mais elle a valeur d’exemple. En rappelant ce que le Seigneur
a fait lors du dernier repas avec ses disciples, on ajoute « aujourd’hui » ;
demain, en effet sera le jour consacré à la Passion. Mais ce terme a surtout
une portée générale : chaque fois que l’Eglise célèbre l’Eucharistie (et
les autres sacrements dont elle est la source) l’œuvre de Dieu – que le Christ
a accomplie une fois pour toutes – se renouvelle pour nous, hic et nunc, ici et aujourd’hui, par l’Esprit
Saint. Ce que Jésus a fait un jour est donc toujours actuel et nouveau,
bien qu’indéfiniment réitéré ; il agit par la médiation des « signes
efficaces » et la puissance de l’Esprit.
La lecture du Livre
de l’Exode (cf. ci-dessous)
rappelle que l’Eucharistie plonge ses
racines dans la liturgie ancestrale de la Pâque juive(que nos frères aînés
dans la foi en Dieu fêtent en cette année 2009 au long de la semaine du 8 avril au soir au 16– voir, en cliquant ici, les principaux rites de cette fête), ce qui met en pleine lumière son caractère traditionnel
en même temps que sa nouveauté.
L’Evangile selon saint
Jean (cf. ci-dessous et en cliquant ici) rapporte
comment, au cours du dernier repas pris avec ses disciples « avant la fête
de Pâque », ayant quitté son vêtement, Jésus lava les pieds de ses disciples
(Illustration à gauche: "Le lavement des pieds", icône sur bois, Xème s. - Monastère Sainte-Catherine, Sinaï, Egypte)
(geste que peut refaire le
prêtre, après son homélie de ce jour, sur quelques fidèles – le plus souvent des
« abîmés de la vie » : pauvres, handicapés, etc.)
(sur la photo, célébration du lavement de pieds dans l'Anastasis - voir plus bas - par un évêque à des prêtres orthodoxes).
Pour que Pierre accepte que le Seigneur s’abaisse ainsi, il
aura fallu que le Maître lui dise : εαν μη νιψω σε ουκ εχεις μερος μετ
εμου « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi » ;
et il ajoutera : υποδειγμα γαρ εδωκα υμιν ινα καθως εγω εποιησα υμιν και
υμεις ποιητε « C’est un exemple que je vous ai donné, afin que vous fassiez,
vous aussi, comme j’ai fait pour vous ». Cet « ordre » –
qui ressemble à celui que le Seigneur a donné à propos du pain et de la coupe,
concerne la mission et le
comportement des disciples. L’évangéliste ayant introduit ce récit en disant ο
ιησους […] αγαπησας τους ιδιους τους εν τω κοσμω εις τελος ηγαπησεν αυτους « Jésus,
[…] ayant aimé les siens qui étaient dans ce monde, les aima jusqu’au bout ».
Comment, dès lors, ne pas voir dans ce geste insolite du Maître une prédication
en acte de la charité, loi fondamentale
de la communauté chrétienne, dont le Repas du Seigneur est à la fois source
et exigence ?
C’est après l’homélie que le prêtre célébrant peut procéder
au lavement de pieds.
En fin de Messe, tandis que l’on chante des hymnes
eucharistiques, le Saint-Sacrement est porté en procession au reposoir, où les fidèles sont invités à venir l’adorer dans la soirée, voire dans la nuit.
On lira alors avec profit, dans l’Evangile
selon saint Jean (Jn 13,31 – 17,26), l’entretien de Jésus avec ses
disciples, et sa grande prière après la
Cène.
La liturgie du Jeudi Saint célèbre ainsi
- l’Eucharistie, mémorial de la Pâque du
Christ, sacrement de son amour infini pour nous et de celui que nous devons
avoir pour les autres
- et l’institution du ministère sacerdotal –
qui doit être compris et exercé, à l’exemple du Seigneur, comme le service des
frères et des sœurs dans la communauté.
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*"Cène" = transcription du latin cena, repas.
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Vendredi Saint - La liturgie de la Passion
Introduction historique
La liturgie du Vendredi Saint a son origine à Jérusalem. Le « Journal de voyage » d’une
chrétienne nommée Egérie raconte comment se déroulait cette journée à la fin du Vème siècle.
Après une nuit de veille sur le Mont des Oliviers, on
descendait au petit matin à Gethsémani pour la lecture du récit de l’arrestation
de Jésus. De là, on se rendait au Golgotha. Après la lecture des textes sur la
comparution de Jésus devant Pilate, chacun rentrait chez soi pour un moment de
repos, mais non sans passer par le mont Sion pour vénérer la colonne de la
flagellation. Vers midi, nouveau rendez-vous au Golgotha pour la vénération du
bois de la Croix : pendant trois heures, lecture de Textes de l’Ancien et
du Nouveau Testament entrecoupée de psaumes et de prières. La journée s’achevait
à l’église de l’αναστασις, Anastasis, « Résurrection » où on lisait
l’évangile de la mise au tombeau de Jésus(l'édifice actuel, photo ci-dessus, remonte aux Croisades - et englobe le lieu de la mort, le sommet du Calvaire, et de la résurrection du Seigneur) .
Les premiers témoignages de la liturgie du Vendredi Saint à Rome datent du VIIème siècle. Le pape se rendait à la basilique de la Sainte-Croix :
lecture de l’Evangile de la Passion selon saint Jean, suivie d’une Litanie d’intentions
universelles.
Dans les églises hors de la ville, desservies par des prêtres,
avait lieu une célébration plus populaire : exposition de la Croix sur l’autel,
liturgie de la Parole comme à la basilique de la Sainte-Croix, après le Notre
Père, vénération de la Croix et communion au pain et à la coupe consacrés la
veille.
L’hommage à la Croix est introduit dans la liturgie papale
au VIIIème siècle, mais sans communion.
Au Xème siècle, les deux pratiques se rejoignent.
Au XIIIème siècle, il fut décidé que seul le prêtre
célébrant communierait ; et, au XVIème siècle, que la célébration aurait lieu
le matin. Mais le reste de la journée n’en demeurait pas moins « sanctifié » :
dans la plupart des églises, on se rassemblait, souvent plus nombreux que le
matin, pour le Chemin de Croix et le
« Sermon de la Passion ».
Il en fut ainsi jusqu’en 1955 : depuis cette date, l’Eglise
romaine célèbre la liturgie de la Passion l’après-midi ou le soir du Vendredi
Saint – le plus souvent d’ailleurs le soir, un Chemin de Croix ayant lieu l’après-midi
autour de 3 heures.
La liturgie de la
Passion commence par un moment de prière silencieuse et une oraison dite
par le célébrant ; elle comporte trois parties : la liturgie de la
Parole avec Prière universelle ; Vénération de la Croix ; liturgie de
Communion.
"Pour la nuit de ta Passion
et pour ton corps livré,
béni sois-tu, Jésus ressuscité.
De l'Eglise, ton épouse,
qui t'attend dans la nuit de l'absence,
souviens-toi."
Frère Dieudonné Dufrasne in Prières aux portes de la nuit - "Il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il a été exalté".
Introduction théologique et liturgique
La liturgie de la
Parole forme comme un triptyque :
- Le panneau de
gauche (Is 52,13–53,12) présente le visage d’un mystérieux
personnage, un Juste, accablé des
pires souffrances et objet des pires persécutions, méprisé par les hommes,
apparemment abandonné par Dieu lui-même. En réalité, il s’offre en sacrifice d’expiation
pour le péché des multitudes, et le Seigneur en fera le chef d’un peuple innombrable
de justifiés. Quelle que puisse être dans le Livre d’Isaïe (voir ci-dessous,
introduction à la Première Lecture) l’identité du « Serviteur de Dieu », il fait songer, pour les chrétiens et surtout
le Vendredi Saint, au Christ, le Juste aux outrages, dont la mort a sauvé tous les
hommes du péché, et que Dieu a exalté dans la gloire des cieux.
-
Sur le panneau
de droite (Hé 4,14-16 ; 5,7-9), voici Jésus, le Christ,
intronisé auprès de Dieu comme « le grand prêtre par excellence »,
devenu, par son obéissance, « la cause du salut éternel pour tous ceux qui
lui obéissent ».
-
Ces deux tableaux, brossés à plusieurs siècles de
distance, introduisent admirablement le
panneau central du triptyque, la Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn
18,1–19,42). L’évangéliste, saint Jean, a voulu faire saisir le sens profond des événements dont il a
été le témoin. Paradoxalement, c’est élevé en croix (voir « le serpent d’airain »,
« le Christ élevé », en cliquant ici) que Jésus se révèle comme le Vivant qui
donne la vie en abondance à tous ceux qui lèvent les yeux vers lui.
La Prière universelle monte alors de l’assemblée pour que la
Passion du Seigneur produise se fruits pour tous, jusqu’aux extrémités de la
terre.
Dans cette Prière universelle – qui, contrairement
à celle des dimanches, a une forme fixe
– on prie pour l’Eglise, pour le pape, pour le clergé et les fidèles, pour les
catéchumènes (c'est-à-dire ceux qui se préparent au baptême), pour l’unité des
chrétiens, pour nos frères juifs : « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu’ils
vivent et progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son Alliance. –
Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as chois Abraham et sa descendance pour en
faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le
premier peuple de l’Alliance. »), pour ceux qui ne croient pas en
Dieu, pour les pouvoirs publics, pour tous les hommes dans l’épreuve
Vient ensuite la Vénération de la Croix – qui a des
accents de Pâques, tant il est vrai qu’on ne peut jamais dissocier mort et
résurrection du Christ.
La
liturgie de la Croix est le sommet de la
célébration du Vendredi Saint vers lequel achemine la lecture de l’Evangile
de la Passion selon saint Jean. En effet, l’évangéliste donne à contempler Jésus
dont la croix révèle la souveraine majesté. Le bois du supplice infamant est devenu l’instrument de la rédemption
universelle, le signe et le gage de l’amour infini de Dieu.
Le
prêtre dévoile la Croix, et la présente par trois fois en chantant : « Voici
le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde. » On répond : « Venez,
adorons ». A chaque fois, on se prosterne pour adorer quelques instants
En
se prosternant devant la Croix, c’est Dieu qu’on adore par son Fils exalté dans
la gloire. La Vénération de la Croix est aussi un geste d’action de grâce au
Père qui nous a rachetés, et à son Fils qui est mort pour que nous ayons la
Vie. Cette prosternation exprime enfin notre désir de répondre à l’amour divin en
aimant de tout notre cœur et de toutes nos forces Dieu et son Christ en l’Esprit.
Ensuite,
soit chacun vient vénérer et baiser la Croix tandis que l’on chante des hymnes
ou des chants appropriés, soit – si l’assemblée est trop nombreuse – le prêtre
présente la Croix à l’adoration silencieuse des fidèles.
La communion de tous
au Pain consacré la veille clôture cette célébration à la fois austère et
vibrante d’espérance.
Chacun se retire alors en silence – non pour pleurer sur la
mort du Christ – mais pour en méditer le
Mystère, et se préparer, dans le recueillement, à la joie de l’Alleluia qui
retentira au cours de la Veillée pascale.
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Descente de Croix
(revers de la Maesta, cathédrale de Sienne)
Dans la vallée du Cedron, des tombes antiques, ayant appartenu à de grandes familles juives au temps de Jésus, sont entourées de tombes juives actuelles.
Jusqu'en 1009, s'élevait ici le tombeau de Jésus - détruit par le calife Hakim.
Ce cénotaphe, élevé en 1810, souhaite rappeler les différentes parties traditionnelles d'un tombeau juif - dont la banquette de pierre sur laquelle on plaçait le corps.
A l'intérieur même du Saint-Sépulcre, on voit de nombreux tombeaux non loin de l'emplacement de celui de Jésus. Leur présence indique que le Golgotha se trouvait alors bien à l'extérieur de la Ville - puisque, la mort étant source d'impureté - il était interdit d'ensevelir les morts dans l'enceinte des agglomérations.
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Le Samedi Saint
Le Samedi Saint est un jour tout à fait particulier dans l’Année
liturgique. Les églises et les autels sont dépouillés de leurs ornements
habituels, le tabernacle est vide. Aucune célébration n’a lieu (en dehors de
celles des Heures – très rarement célébrées dans les paroisses, toujours célébrées
dans les communautés monastiques et priées par les prêtres). La communion ne
peut être donnée qu’en viatique*.
C’est une journée de désert, de silence.
Après la mort et la sépulture du Seigneur, les femmes
venues avec lui de Galilée sont rentrées chez elles. Durant les heures qui
précédaient le Sabbat, elles ont préparé aromates et parfums, avec l’intention
d’aller embaumer le corps dès que prendrait fin le repos sabbatique, qu’elles
ont rigoureusement observé (Lc 23,55-56). Les apôtres et un petit groupe
de disciples se sont eux, barricadés dans une maison. Les évangélistes ne
disent rien de leurs pensées ni de leurs sentiments, mais tout suggère que, sur
les unes comme sur les autres, s’était abattu un silence de mort.
Le silence qui – aujourd’hui, Samedi Saint – enveloppe la
communauté des chrétiens est différent.
La liturgie du Vendredi Saint est déjà célébration pascale :
on le voit bien lors de l’adoration de la Croix. Avant de quitter l’église, les
fidèles se sont donné rendez-vous pour participer, le lendemain soir, à une
autre célébration : celle de la résurrection du Christ, qui sera
proclamée, avec une Joie débordante, au terme de la Veillée Pascale.
Dans le silence du Samedi Saint, l’Eglise médite sur le
Mystère de la Passion du Christ mort pour le salut de tous les hommes, en
murmurant déjà, dans le cœur, le chant de l’Alléluia qui bientôt retentira.
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* Viatique: du
latin via, le chemin, la route :
sacrement de l’Eucharistie donné aux mourants, pour le « voyage » de
ce monde vers l’Autre.
"Le monde est toujours au Samedi Saint,
et rêve entre sa mort et sa résurrection
mais ceux qui sont enfermés tout au fond
et ne peuvent dormir entendent plus bas
s’ouvrir devant le Christ les portes souterraines."
J.P. Lemaire, in L’Exode et la Nuée, 1982
"Pour la nuit de ta descente aux Enfers
et pour la délivrance des fils d'Adam,
béni sois-tu, Jésus ressuscité.
Des hommes de bonne volonté,
qui cherchent la lumière, comme à tâtons,
souviens-toi."
Frère Dieudonné Dufrasne inPrières aux portes de la nuit - "Il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il a été exalté".